Qu’attendent les locataires, oubliés de la campagne présidentielle ?

avril 5th, 2017 Posted by Epargne Retraite 0 thoughts on “Qu’attendent les locataires, oubliés de la campagne présidentielle ?”

Préemptée par les « affaires », la campagne présidentielle semble avoir oublié l’essentiel : parler aux Français. Le logement figure parmi leurs préoccupations principales, et c’est leur source de dépense numéro un : comment ne pas en faire une priorité ?

Etre locataire en France : un point sur la situation

Selon l’enquête menée par Harris
Interactive pour Guy Hoquet l’Immobilier, la France est coupée en deux :
celle de la province, qui est touchée par les difficultés d’accès au logement
de façon assez marquée, et celle de la région parisienne, très fortement
concernée par cette problématique. En effet, 7 Français sur 10 en France (et 9
/10 en région parisienne) estiment qu’il est difficile de trouver aujourd’hui un
logement en France, tandis que 64% ont mis plus d’un mois à le trouver.

Pour pallier cette difficulté et
gagner du temps dans leurs démarches, 1/3 des Français s’adressent à une agence
immobilière.

Au premier rang des obstacles qui
les empêchent de concrétiser leur projet, tout d’abord le montant des loyers,
qu’ils estiment trop élevés pour 49% d’entre-deux. Ils mettent également en
avant le fait que les biens disponibles sur le marché ne correspondent pas à
leurs besoins. Pour 33% des sondés, ce
serait le type de contrat professionnel qui constituerait un obstacle, tandis
que 8% font état de difficultés à l’accès à cause de leurs origines sociales ou
ethniques.

Malgré ce tableau noir, un chiffre
interpelle : 8O% des locataires se disent satisfaits des relations avec
leurs propriétaires, ou avec l’organisme qui gère leur logement (qui peut être
une agence immobilière, ou un syndic). Si mécontentement il y a, cela tient à
un déficit de travaux de la part des propriétaires, notamment dans le cadre de
l’isolation des fenêtres, mais aussi sur l’enclenchement des réparations dans
le logement en général.

Enfin, vis-à-vis des politiques,
leur message est clair : observant que le sujet du logement est le grand
absent de la campagne présidentielle, ils attendent avant tout un durcissement
des normes pour les propriétaires dans le cadre de l’état des biens mis en
location (67%) et une baisse de la fiscalité locative (62%).

Propositions pour améliorer les conditions d’accès à la location

Sur les prix des logements qui
sont trop élevés, une réponse est à apporter : sur un marché régulé par la
loi de l’offre et de la demande, il faut construire davantage, et donner aux
communes le pouvoir de décider, en fonction de leurs besoins, de l’utilisation
de leur foncier. Permettre aussi aux promoteurs d’acquérir du foncier à des
prix plus intéressants, dans la mesure où ils reportent ce bénéfice sur les
acheteurs.

Sur les difficultés d’accéder au
logement, il faut faire évoluer cette matrice qui veut que le locataire doive
justifier d’un CDI pour se loger : aujourd’hui, on embauche 7 fois sur 10
en CDD, il y a un décalage profond entre le marché de l’emploi et celui du
logement. A quand un grand ministère du Logement, comme le fut en son temps
celui de Jean-Louis Borloo, entre 2005 et 2007, qui réconcilie ce couple
impossible ? Le gouvernement actuel a lancé, en 2015, le dispositif VISALE,
qui lui donne la possibilité de se porter garant d’un locataire en contrat
intérimaire, ou déterminé, dans le secteur privé, durant les trois premières années
du bail locatif. C’est une mesure peu connue des locataires mais qu’il faut utiliser !
Il faut faire évoluer les mentalités, et notamment des propriétaires, qui
prévoient de se garantir fortement face à un locataire qu’on sait difficile à
expulser, s’il ne paie pas. Aujourd’hui, les propriétaires ne sont pas du tout
incités à mettre leur bien en location (et donc à contribuer à la baisse des
prix), tout d’abord parce qu’ils sont matraqués fiscalement, mais également
parce qu’ils ont peur des impayés de loyer et qu’ils sont contraints, via la
législation, à ne pas pouvoir libérer leur bien. Pourquoi, au contraire,
arrêter d’opposer locataires et bailleurs en rendant plus souple l’entrée, et
la sortie dans un logement ? Le même précepte s’applique à l’encadrementdes loyers, qui encore une fois, oppose les deux parties, et surtout, n’a pas
fait de preuve de son efficacité réelle à Paris, parce que limité aux baux à la
relocation et réellement efficace sur les petites surfaces. Pourquoi ne pas
créer, comme le demande notre syndicat, un statut du bailleur privé qui
récompense les propriétaires qui consentent des loyers raisonnés par des
avantages fiscaux ? Il faut créer du partenariat entre les acteurs du
logement, pas du conflit !

Aujourd’hui, les professionnels
du logement se retrouvent dans toutes les mesures des candidats susceptibles de
fluidifier le marché, que cela soit dans le domaine de la stabilité fiscale,
qu’il faut instaurer, que dans la libération de foncier avec une exonération de
la taxation de la plus-value ramenée à 10 ou 15 ans, au lieu de 30 aujourd’hui.
Quant à la baisse de la fiscalité pour les locataires, c’est une bonne mesure
également, tant qu’on arrive à la prendre en charge.

Fluidifier, c’est aussi
décentraliser davantage la politique du logement, pour l’adapter au local, et
notamment en termes de gestion du foncier. De façon générale, il faut laisser
le marché se réguler, via une fiscalité stable, tout en permettant à tous
d’accéder à ce qui figure parmi les questions les plus importantes de la vie
quotidienne : le logement.

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